Le World Trade Center (Centre de commerce international en français) est un complexe composé de sept immeubles d'affaires situé à Lower Manhattan, à New York, aux États-Unis. Conçu par l'architecte Minoru Yamasaki et développé par la Port Authority of New York and New Jersey, il est inauguré le 4 avril 1973.
Marqué par un incendie le 13 février 1975 puis par un attentat à la bombe le 26 février 1993, le complexe est intégralement détruit lors des attentats du 11 septembre 2001. Surnommé depuis Ground zero, le site est depuis en travaux, afin d'accueillir un mémorial et un nouveau complexe dont la One World Trade Center est la tour centrale.
Identifié par ses deux bâtiments les plus célèbres, les Twin Towers, il est un symbole de la puissance américaine aux yeux du monde entier et une icône de New York au même titre que l'Empire State Building et la Statue de la liberté.
Histoire :
Après la Seconde Guerre mondiale les États-Unis entrèrent dans une période de croissance économique rapide et d'augmentation du commerce international. À cette époque, le CBD de Midtown Manhattan commença à concentrer toutes les activités alors que Lower Manhattan décroissait en importance. Pour aider à stimuler le quartier David Rockefeller, avec le soutien de son frère, le Gouverneur de New York Nelson Rockefeller, proposa à la Port Authority d'y construire un « world trade center ». Cette idée fut concrétisée par une loi votée en 1946 par la Législature du New York.
Plans initiaux :
En 1958 Rockefeller établit la Downtown-Lower Manhattan Association (DLMA) qui confia au cabinet d'architectes Skidmore, Owings and Merrill la réalisation de plans devant revitaliser Lower Manhattan. Les plans initiaux furent rendus publics en 1960. Ils localisaient le World Trade Center le long de l'East River[1], de Old Slip à Fulton Street et entre Water Street et South Street, sur une superficie de 5,25 hectares. Ils prévoyaient un hall d'exposition de 275 mètres de long et un gratte-ciel de 50 à 70 étages, dont la partie supérieure aurait été un hôtel. Les autres édifices incluaient un théâtre, des magasins et des restaurants[6], ainsi qu'un nouveau centre d'échange de valeur mobilière, où la Downtown-Lower Manhattan Association désirait loger le New York Stock Exchange.
Selon David Rockefeller, la Port Authority était le meilleur choix pour prendre en main le projet, puisque le Trade Center faciliterait et ferait augmenter le volume de commerce international passant par le port de New York. Étant donné l'importance de la ville dans le commerce mondial, le directeur de la Port Authority, Austin J. Tobin, proposa de changer le nom du projet pour « the World Trade Center », et non pas seulement un « world trade center ». Un an plus tard, le 11 mars 1961, la Port Authority accepta le projet proposé.
Controverses et accords :
Cependant le projet devait obtenir le soutien des États de New York et du New Jersey pour être officiellement lancé, étant donné leur rôle dans la Port Authority. Le Gouverneur du New Jersey Robert B. Meyner critiqua ce projet de 335 millions de dollars dans la mesure où il allait accroître la puissance de New York au détriment du New Jersey[1]. À la fin de 1961, les négociations atteignirent une impasse. Un élément nouveau permit néanmoins de modifier la situation. En effet la compagnie New Jersey's Hudson and Manhattan Railroad (H&M) était en situation de faillite. Son nombre d'usagers était passé de 113 millions en 1927 à 26 millions en 1958, suite à l'ouverture de nouveaux tunnels et ponts au trafic automobile sur l'Hudson. En décembre 1961, Tobin rencontra le nouveau gouverneur du New Jersey, Richard J. Hughes, et lui proposa de déplacer le projet du WTC au niveau de l'Hudson Terminal sur le West Side. En acquérant la Hudson & Manhattan Railroad, la Port Authority obtiendrait également le Terminal et les édifices obsolètes situés alentour. Le 22 janvier 1962 les deux États conclurent un accord : ils autorisèrent la Port Authority à gérer la ligne de chemin de fer et à construire le World Trade Center à l'emplacement de l'Hudson Terminal, site plus favorable pour le New Jersey.
Cependant ce site était occupé par Radio Row, un quartier comprenant de nombreux commerces et approximativement 100 habitants. Le projet du WTC impliquait la destruction de ces bâtiments et la relocalisation de leurs occupants, ce qui engendra des protestations. En juin 1962 un groupe représentant approximativement 325 magasins et 1 000 autres commerces fit une injonction, et l'affaire fut portée à la New York Court of Appeals en avril 1963, qui considéra que le projet était d'utilité publique et devait être poursuivi. Le 20 novembre 1963 la Cour suprême des États-Unis refusa d'accepter le procès. La Port Authority fut obligée par la loi de l'État d'assister les propriétaires à trouver de nouveaux locaux, mais ces derniers considérèrent pour la plupart que les endroits proposés par la Port Authority étaient inadéquats.
D'autres voix s'élevèrent pour critiquer le projet, notamment dans le secteur de l'immobilier; dont celle de Lawrence A. Wien, le propriétaire de l'Empire State Building, bâtiment qui perdrait son titre de plus haut gratte-ciel du monde une fois le WTC achevé. Il organisa un groupe nommé « Committee for a Reasonable World Trade Center » dont la principale demande, consistant à diminuer la taille du projet, fut sans suite. En janvier 1964 l'État de New York signa un accord et réserva un espace pour des bureaux administratifs dans le World Trade Center. Il fut suivi par plusieurs banques et sociétés durant le printemps et l'automne de cette même année, puis par le United States Customs Service en 1965.
Le dernier soutien à obtenir était celui du Maire de New York, John Lindsay, et du New York City Council. Ils critiquèrent le fait que la Ville avait été peu entendue lors des négociations et des délibérations. Les négociations entre la Port Authority et New York furent centrées sur la question des impôts, puis un accord final eut lieu le 3 août 1966.
Plans finaux :
Le 20 septembre 1962 la Port Authority annonça la sélection de Minoru Yamasaki comme architecte principal et avec Antonio Brittiochi and Emery Roth & Sons comme architectes associés. Yamasaki proposa dès le début le concept de tours jumelles, néanmoins il envisagea tout d'abord deux bâtiments comprenant seulement 80 étages. Il remarqua que « l'alternative évidente, un groupe de plusieurs grands bâtiments, aurait ressemblé à un projet immobilier ». Yamasaki dut changer le nombre d'étages pour accorder le projet à la demande de la Port Authority. Étant donné qu'elle désirait 930 000 m² d'espace de bureaux, il fallait que chaque tour comprenne 110 étages.
Cependant le facteur limitant majeur de la taille d'un gratte-ciel était le problème des ascenseurs. En effet plus un immeuble est haut, plus il a besoin d'ascenseurs, et plus il perd d'espace à cause de ces derniers. Yamasaki et son équipe d'ingénieurs décidèrent d'utiliser un nouveau système, celui des sky lobbies. Ce sont des étages où les gens peuvent passer d'un ascenseur express à grande capacité, qui dessert uniquement les sky lobbies, à un ascenseur local qui dessert chaque étage d'une section. Les ascenseurs locaux utilisaient tous la même cage d'ascenseur, ce qui permit d'augmenter le taux d'espace utilisable à chaque étage de 62 à 75 %, du fait du moindre nombre de cages d'ascenseur. Les sky lobbies, qui étaient situés au 44e et 78e étages de chaque tour, rendirent la gestion des ascenseurs plus efficace. Les tours jumelles furent les seconds gratte-ciel à utiliser ce système, après le John Hancock Center de Chicago. Le système fut inspiré par le réseau du métro de New York, dont les lignes incluent des stations locales où s'arrêtent les rames locales, et des stations express où tous les trains s'arrêtent.
Les plans définitifs de Yamasaki furent dévoilés au public le 18 janvier 1964 sous la forme d'une maquette d'environ 2,5 mètres de haut. Les tours étaient des carrés d'approximativement 63 mètres de côté. Les bâtiments étaient conçus avec des fenêtres étroites, larges de seulement 45 centimètres, qui reflétaient l'acrophobie de l'architecte et son désir de faire en sorte que les occupants des tours se sentent en sécurité. Les plans donnaient pour matériau aux façades des bâtiments un alliage d'aluminium.
Les plans reçurent plusieurs critiques au niveau de l'esthétique de la part de l'American Institute of Architects et d'autres groupes. Lewis Mumford, auteur de The City in History and other works on urban planning, critiqua le projet et déclara à propos des autres nouveaux gratte-ciel que c'étaient « just glass-and-metal filing cabinets ». Les radiodiffuseurs et les chaines de télévision s'inquiétèrent d'une éventuelle interférence dans la réception de la télévision à New York qui serait causée par le nouveau complexe. En réponse, la Port Authority promit de fournir de nouveaux équipements de transmission dans le WTC. La Société linnéenne de l'American Museum of Natural History s'opposa également au projet, constatant que les bâtiments pouvaient se révéler dangereux pour les oiseaux migrateurs.